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ARBITRAGE : le partage de la résidence familiale

La situation : Sylvie et Jean ont vécu en union de fait pendant 15 ans. Au moment de leur séparation, ils ont en commun une résidence d'une valeur de 130 000$. Celle-ci est affectée d'une hypothèque de 80 000$ laissant une équité de 50 000$. Sylvie et Jean ne s'entendent pas sur le partage de l'équité de la résidence. La version de Sylvie est à l'effet qu'elle a droit à la moitié de l'équité, soit 25 000$, n'ayant aucune dette en dehors de sa part dans l'hypothèque. Jean ne partage pas ce point de vue. Pendant la cohabitation, il a accumulé des dettes de 20 000$ pour des dépenses ayant bénéficié au couple. Sa version est donc la suivante : payer la dette de 20 000$ à partir de l'équité et séparer le solde de 30 000$ moitié-moitié.

La question : quel est le montant équitable qui revient à Sylvie ainsi qu'à Jean? Pour trancher la question, Sylvie et Jean optent pour l'arbitrage.

La décision de l'arbitre : Après avoir entendu la version de Sylvie et Jean, l'arbitre  est  arrivé  à  la  conclusion  qu'à  partir  de  l'équité  de  la  maison de
50 000$, une somme de 10 000$ servira à rembourser une partie des dettes de  Jean  qui  ont  réellement  bénéficiées  aux  deux  parties.  Quant  à  l'autre
10 000$ de dettes, Jean n'a pu fournir les pièces justificatives confirmant que ces dettes aient été réellement faites à l'avantage des deux parties. Ainsi, Sylvie  reçoit  20 000$  et  Jean 20 000$  sur  l'équité  de  50 000$,  le solde de
10 000$ servant au remboursement des dettes de Jean.

Les avantages de cet arbitrage : le cas s'est réglé à l'intérieur de 15 jours au lieu de deux ans s'il s'était déroulé devant les tribunaux ; Sylvie et Jean ont défrayé 50% des honoraires de l'arbitre, soit 700$ chacun, alors que devant les tribunaux, les coûts auraient variés de 5 000$ à 10 000$ ; la décision de l'arbitre était finale et sans appel tandis que devant les tribunaux, la cause aurait pu être portée en appel occasionnant des délais supplémentaires de deux à quatre ans; l'arbitrage s'est déroulé au bureau de l'arbitre, dans une atmosphère détendue avec des règles souples et le respect ; l'audition devant l'arbitre s'est faite de manière confidentielle.

MÉDIATION : le chemin du voisin

La situation : Bernard et Louis sont propriétaires de deux propriétés contigues, près d'un magnifique lac dans la municipalité de St-Paul. Bernard accède à sa propriété par un très beau chemin qu'il s'est fait construire au coût de 10 000$. Quant à Louis, le chemin qui mène à son terrain est dans un état lamentable, ce dernier n'ayant pas été entretenu depuis presque 30 ans. Il en coûterait environ 10 000$ à Louis pour remettre son chemin en état. Louis se dit que le chemin de Bernard ferait très bien son affaire et que ce serait un passage facile et direct à sa propriété. Mais Bernard refuse de partager son nouveau chemin … pas question de laisser un intrus passer sur sa propriété privée! Devant ce refus, Louis entreprend des procédures judiciaires devant les tribunaux pour obtenir gain de cause. Ces procédures sont vigoureusement contestées par Bernard. Deux ans s'écoulent ainsi devant les tribunaux et chacun accumule des factures d'avocat de 50 000$. Il en aurait pris encore au moins un an devant les tribunaux pour finaliser cette affaire lorsque Bernard et Louis acceptent de recourir à la médiation.

La question : Comment Louis peut-il avoir accès à sa propriété par le meilleur chemin possible sans nuire à son voisin Bernard?

L'entente intervenue : La médiation a duré une journée. À la fin, Bernard et Louis, assistés de leur procureur respectif et en présence du médiateur, se sont entendus de la manière suivante : Bernard ira discuter avec ses autres voisins pour obtenir leur autorisation de construire un chemin d'accès au terrain de Louis ; Bernard s'occupera des travaux de construction et Louis déboursera une somme de 12 000$, payable à Bernard pour la construction du chemin d'accès.

Les avantages de cette médiation : après une journée de médiation, Bernard et Louis ont trouvé une solution au conflit qui les opposaient depuis plus de deux ans devant les tribunaux ; la séance de médiation a représentée un coût minime par rapport à la continuation des procédures devant les tribunaux, ayant à débourser ainsi les honoraires de leurs avocats pour une période supplémentaire d'au moins un an ; à la fin de la médiation, Bernard et Louis se sont serrés la main, la solution convenait à la fois à Bernard, puisqu'il conservait le caractère privé de son chemin et à Louis, puisqu'il aurait un chemin tout neuf pour accéder à sa propriété ; Bernard et Louis se retrouvent dans une situation gagnant-gagnant en décidant eux-mêmes de la meilleure solution qui leur convenait, alors que s'ils avaient continué devant les tribunaux, il est fort probable qu'ils se seraient retrouvés dans une situation perdant-gagnant face à une décision imposée par un juge dans laquelle ils n'avaient aucun contrôle.

NÉGOCIATION : un camion qui se promène

La situation : Jeanne et Robert sont propriétaires d'une entreprise de transport de gravier. Jeanne se désintéresse de l'entreprise et de plus, elle ne s'entend pas très bien avec Robert. Elle décide donc de vendre sa part d'entreprise à Robert pour une somme de 20 000$. Cette vente est toutefois conditionnelle à ce que Robert prenne en charge le contrat de location du camion de l'entreprise et qu'il libère Jeanne de sa responsabilité vis-à-vis du contrat. Robert accepte et signe les documents qui le rendent maintenant propriétaire unique de l'entreprise. Dans les jours qui suivent, Robert communique avec la compagnie de finance titulaire de la location du camion. Il apprend alors que la location est en retard de trois mois. Robert offre de rembourser les mois de retard et de continuer les paiements de location mais la compagnie de finance refuse et insiste pour reprendre le camion. Robert téléphone à Jeanne pour l'informer de la situation puisqu'elle était responsable de payer les comptes de l'entreprise. Jeanne refuse d'intervenir et refuse également de remettre à Robert plusieurs documents et chèques payables à l'entreprise. Robert décide donc de retourner le camion à Jeanne. Il s'ensuit que Jeanne le remet par la suite à la compagnie de finance. Mais là ne s'arrête pas les démêlés.

La compagnie de finance réclame 15 000$ à Jeanne, puisqu'elle avait cautionné l'entreprise, pour la réparation du camion, le dépassement du kilométrage et une dépréciation de la valeur. Jeanne se retourne alors contre Robert et le poursuit devant les tribunaux pour un montant de 20 000$, incluant les honoraires qu'elle aura à payer pour son avocat. Robert conteste vigoureusement la poursuite de Jeanne et argumente qu'elle n'a pas respecté le contrat en refusant de lui remettre les documents de l'entreprise et que c'est par sa faute s'il a perdu le camion de l'entreprise à cause des retards de paiements dans la location et la décision de la compagnie de finance de reprendre le camion.

La question : Qui est responsable de payer la somme de 15 000$ réclamée par la compagnie de finance?

Les résultats de la négociation : Jeanne et Robert se sont rencontrés, assistés de leurs procureurs, et ont décidé de régler la facture de 15 000$ moitié-moitié pour les raisons suivantes : l'incertitude des résultats découlant d'un procès ; des frais d'avocats substantiels à encourir pour chacun ; les avantages et les inconvénients de chacun dans cette affaire.

Les avantages de cette négociation : Jeanne et Robert ont réduit au maximum les risques d'une situation perdant-gagnant ; ils ont conservé le contrôle sur le processus de décision ; la négociation a été rapide, simple, flexible, à moindre coût ; personne n'a perdu la face ; le retour à la communication et à la discussion a été possible pour Jeanne et Robert.



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